C’est une décision qui redessine la carte énergétique de l’Europe. Le 1er janvier 2026 marque officiellement la fin du moratoire sur l’exploration et l’extraction d’uranium en Suède. En abrogeant une interdiction en vigueur depuis 2018, le Parlement suédois (Riksdag) ouvre la voie à l’exploitation de l’un des plus grands gisements mondiaux, transformant un tabou environnemental en un levier stratégique pour le climat et la sécurité.
Le calendrier de la réforme
Le processus législatif a suivi un calendrier rigoureux pour aboutir à cette entrée en vigueur :
29 août 2025 : Le gouvernement suédois présente un projet de loi visant à réautoriser l’extraction d’uranium pour soutenir ses objectifs de tripler la capacité nucléaire d’ici 2045.
5 novembre 2025 : Le Riksdag (parlement suédois)vote officiellement en faveur de la proposition gouvernementale (Rapport 2025/26:NU8).
1er janvier 2026 : La loi entre officiellement en vigueur, modifiant le Code de l’Environnement et le Minerals Act.
Ce que change la nouvelle loi
La réforme ne se contente pas d’autoriser l’extraction ; elle simplifie radicalement les procédures :
1. Reclassification : L’uranium est désormais considéré comme un « minerai de concession », au même titre que le fer ou le cuivre. Il n’est plus traité comme un déchet dangereux interdit.
2. Suppression du veto municipal : Auparavant, les municipalités pouvaient bloquer tout projet minier sur leur sol par un simple veto politique. Ce droit spécifique au nucléaire a été supprimé pour accélérer les projets d’intérêt national.
3. Encadrement strict : Si l’extraction est autorisée, elle reste soumise aux contrôles de l’Autorité suédoise de sûreté radiologique (SSM) et à des études d’impact environnemental rigoureuses.
Un trésor sous la roche suédoise
La Suède possède environ 27 % des ressources d’uranium connues en Europe. Deux projets majeurs sont déjà sur la ligne de départ :
Häggån : Propriété de la société australienne Aura Energy, ce gisement polymétallique est considéré comme l’un des plus grands au monde.
Viken : Piloté par la compagnie canadienne District Metals, ce site contient des réserves massives d’uranium associées à du vanadium et du nickel.
« Cette décision donne à l’uranium un rôle central dans la sécurité énergétique du pays. Nous prévoyons d’intensifier nos programmes d’exploration dès le premier trimestre 2026. » — Garrett Ainsworth, PDG de District Metals.
Pour la Suède, l’uranium n’est plus seulement une question minière, mais un pilier de sa transition « verte ». En extrayant son propre combustible, Stockholm réduit sa dépendance aux importations (Kazakhstan, Canada) et sécurise l’avenir de ses futurs réacteurs (SMR).
Sources citées :
Sveriges Riksdag (Parlement suédois) :Article officiel du 5 novembre 2025, « Uranium mining to be allowed in Sweden » (Source : riksdagen.se).
EnergyNews.pro : Analyse du 10 novembre 2025, « La Suède lève l’interdiction d’extraction d’uranium à partir de janvier 2026 ».
World Nuclear News (WNN) : Rapport du 6 novembre 2025 sur le vote historique du Riksdag.
District Metals Corp : Communiqué de presse officiel du 5 novembre 2025 (Source : districtmetals.com).
Aura Energy Limited : Annonce aux investisseurs (ASX/AIM) du 6 novembre 2025 concernant le projet Häggån.


