Des municipalités et entreprises suédoises ont eu recours à des technologies appartenant à une société liée à l’oligarque russe Viktor Vekselberg, proche du président Vladimir Poutine, révèle une enquête du quotidien suédois Dagens Arbete.
Selon le journal, la filiale suédoise du fabricant de pompes Sulzer est intervenue dans la maintenance d’installations considérées comme sensibles pour la sécurité nationale. Ces activités concernent notamment des systèmes de pompage utilisés dans le traitement de l’eau potable et des eaux usées, des infrastructures critiques pour le fonctionnement quotidien de la société suédoise.
Des systèmes critiques sous surveillance numérique
Au-delà de la maintenance physique, l’enquête souligne que le système web de Sulzer est également employé pour le contrôle et la surveillance à distance des pompes. Une dimension technologique qui soulève des interrogations dans un contexte de tensions géopolitiques accrues entre la Russie et les pays européens.
« Si vous êtes à l’intérieur et que vous installez des pompes, vous pouvez voir comment fonctionne une station de pompage, où se situent ses points forts et ses faiblesses », explique Jörgen Holmlund, expert en sécurité à l’Université nationale de défense suédoise, cité par Dagens Arbete.
Pour les spécialistes de la sécurité, l’accès à ce type d’informations techniques pourrait, en théorie, être exploité à des fins de cartographie des vulnérabilités d’infrastructures essentielles.
L’entreprise réfute toute influence russe
Contactée par le journal, Sulzer affirme que Viktor Vekselberg n’exerce plus aucune influence sur les décisions stratégiques ou opérationnelles du groupe. L’entreprise assure également respecter l’ensemble des réglementations suédoises et européennes en matière de sécurité et de protection des infrastructures critiques.
Reste que cette affaire met en lumière les zones grises persistantes dans les chaînes de dépendance technologique, même dans des secteurs aussi sensibles que l’eau potable, et relance le débat sur la sécurisation des infrastructures critiques en Europe du Nord à l’heure des menaces hybrides.


