Le gouvernement du Sénégal a adopté un projet de loi controversé visant à durcir la répression de l’homosexualité, dans un pays sous tension depuis deux semaines à la suite d’un scandale impliquant de présumés homosexuels, parmi lesquels figureraient des personnalités publiques.
Une adoption discrète mais lourde de conséquences
L’information apparaît de manière succincte dans le communiqué du Conseil des ministres tenu le mercredi 18 février. Le document officiel précise que le gouvernement a examiné et adopté
« le projet de loi modifiant la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal ».
Derrière cette formulation technique se cache une révision sensible du Code pénal sénégalais, et plus précisément de son article 319, au cœur du dispositif répressif.
L’article 319 dans le viseur
L’article 319 du Code pénal réprime les actes qualifiés de « contre-nature », une expression utilisée par la législation sénégalaise pour désigner notamment l’homosexualité, mais aussi la zoophilie.

Le projet de loi adopté prévoit un durcissement des sanctions, sans que les nouvelles peines exactes n’aient encore été rendues publiques. Cette réforme s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités de renforcer l’arsenal juridique existant.
Un contexte politique et social tendu
Cette initiative intervient dans un climat de forte pression sociale, marqué par des débats passionnés, des prises de position publiques et une couverture médiatique intense autour de questions de mœurs et de valeurs.
Elle marque également la concrétisation d’une promesse de campagne du nouveau pouvoir, incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et son allié politique Ousmane Sonko, qui s’étaient engagés à adopter une ligne ferme sur ces questions.
Inquiétudes et critiques attendues
Si le projet de loi répond à une attente d’une partie de l’opinion publique sénégalaise, il suscite déjà de vives inquiétudes chez les défenseurs des droits humains, tant au Sénégal qu’à l’international. Des organisations dénoncent régulièrement une législation jugée discriminatoire et incompatible avec certains engagements internationaux du pays.
Le texte doit désormais suivre le processus parlementaire, une étape qui pourrait donner lieu à de nouveaux débats et à une mobilisation accrue, dans un pays où la question reste hautement sensible.


