L’instance norvégienne d’autorégulation de la presse, le Pressens faglege utval (PFU), a reçu plus de 800 plaintes en 2025, un niveau inédit. Face à cette hausse, le Norsk Presseforbund s’interroge sur sa capacité de traitement et envisage des ajustements du système, alors que 46 décisions de condamnation ont été rendues contre des médias cette année.
Le Pressens faglege utval a enregistré plus de 800 plaintes au cours de l’année 2025, établissant un nouveau record depuis sa création. L’information a été révélée par Journalisten, dans un contexte de débat croissant sur la charge de travail et l’efficacité du système d’autorégulation de la presse en Norvège.
Cette augmentation marquée du nombre de saisines inquiète le Norsk Presseforbund, qui chapeaute le PFU. Sa secrétaire générale, Elin Floberghagen, souligne que toutes les plaintes reçues ne répondent pas aux critères nécessaires pour être examinées sur le fond.
« Nous avons engagé un travail pour réfléchir à la manière de garantir que les plaintes déposées soient suffisamment solides pour pouvoir être traitées, tout en cherchant à réduire leur volume global », explique-t-elle à Journalisten.
Selon elle, le risque est double : une surcharge administrative pour le PFU et un allongement des délais de traitement, au détriment de la crédibilité du système. Le Norsk Presseforbund explore actuellement plusieurs pistes de réforme, sans qu’aucune décision concrète n’ait encore été annoncée.
46 condamnations en 2025
Malgré l’afflux de plaintes, seule une fraction des dossiers aboutit à une décision formelle. En 2025, les médias norvégiens ont été condamnés 46 fois pour des violations des règles déontologiques, selon l’agence NTB.
Ces décisions concernent des manquements à la Vær Varsom-plakaten, le code éthique qui encadre le travail journalistique en Norvège, notamment en matière de respect de la vie privée, de droit de réponse ou de rigueur dans le traitement de l’information.
Un système d’autorégulation sous tension
Créé pour garantir à la fois la liberté de la presse et le respect des règles déontologiques, le PFU repose sur un modèle d’autorégulation largement soutenu par la profession. L’augmentation du nombre de plaintes pose toutefois la question de l’équilibre entre accessibilité du dispositif et efficacité de son fonctionnement.
Pour le Norsk Presseforbund, l’enjeu est désormais de préserver la légitimité du PFU tout en adaptant ses mécanismes à une réalité médiatique marquée par une participation accrue du public et une judiciarisation croissante des critiques adressées aux médias.


