L’Union africaine a accueilli favorablement la signature, à Doha, des termes de référence définissant un mécanisme de cessez-le-feu entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Cet accord marque une étape politique importante dans les tentatives de désescalade d’un conflit qui déstabilise durablement l’est congolais et l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Le texte signé à Doha prévoit la création d’un dispositif formel de cessation des hostilités, assorti de mécanismes de communication entre les parties afin de limiter les incidents armés sur le terrain. Selon la Commission de l’UA, cet engagement constitue un préalable indispensable à toute reprise crédible du dialogue politique et sécuritaire.
Dans un communiqué, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a salué une « mesure significative de renforcement de la confiance », estimant que l’accord pourrait favoriser un retour progressif de la stabilité dans des provinces affectées par des déplacements massifs de populations, des violations répétées des droits humains et une insécurité chronique.
Une médiation internationale aux multiples acteurs
L’Union africaine a mis en avant le rôle du Qatar et des États-Unis dans l’accompagnement du processus, tout en soulignant que la médiation demeure pilotée par l’UA, sous la facilitation du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé. Cette architecture diplomatique illustre la volonté de coordonner les initiatives africaines et internationales, après plusieurs tentatives infructueuses de cessez-le-feu ces dernières années.
Un mécanisme de suivi au cœur des inquiétudes
L’UA a néanmoins insisté sur la nécessité d’un mécanisme de contrôle robuste, transparent et accepté par toutes les parties, condition jugée essentielle pour éviter les violations répétées observées lors de précédents accords. La protection des civils, l’accès humanitaire et la sécurisation des zones de contact figurent parmi les priorités identifiées.
Un conflit aux ramifications régionales
Malgré cette avancée diplomatique, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure extrêmement fragile. Les forces gouvernementales affrontent une constellation de groupes armés, dont le M23, qui contrôle ou influence plusieurs zones stratégiques, notamment aux abords de Goma et Bukavu, des centres économiques et humanitaires majeurs.
Le M23 est accusé par l’ONU et plusieurs pays occidentaux de bénéficier du soutien du Rwanda, des accusations rejetées par Kigali. Ces tensions alimentent un climat de méfiance régionale et compliquent les efforts de stabilisation durable.
Une paix encore conditionnelle
Pour l’Union africaine, la signature des termes de référence constitue un signal politique encourageant, mais insuffisant en soi. La réussite du processus dépendra désormais de la volonté des parties de traduire les engagements diplomatiques en actes concrets sur le terrain, dans un contexte marqué par une crise humanitaire majeure et des enjeux géopolitiques complexes.


