Si le 6 janvier est un jour férié en Suède, ce n’est pas un hasard. Cette date, appelée Trettondedag jul (« treizième jour de Noël »), mêle héritage religieux chrétien et traditions historiques scandinaves, aujourd’hui largement sécularisées.
1. La signification religieuse : l’Épiphanie
À l’origine, le 6 janvier correspond à l’Épiphanie, une fête chrétienne majeure. Elle commémore deux événements centraux :
- La visite des Rois mages — Gaspard, Melchior et Balthazar — venus à Bethléem offrir l’or, l’encens et la myrrhe à l’enfant Jésus.
- Le baptême de Jésus, célébré dans certaines branches du christianisme comme le moment de sa manifestation divine.
2. Pourquoi un « treizième » jour ?
Le nom suédois Trettondedag jul est purement chronologique : le 6 janvier tombe exactement treize jours après le réveillon de Noël, qui marque le véritable point culminant des fêtes en Suède.
Historiquement, Noël n’était pas un événement ponctuel mais une période prolongée de célébrations. Dans la Suède agricole d’autrefois, les travaux s’interrompaient durablement, laissant place au repos, aux rassemblements et aux rites saisonniers.
3. Traditions disparues : les « garçons à l’étoile »
Le 6 janvier était autrefois bien plus animé qu’aujourd’hui.
- Les Stjärngossar (« garçons à l’étoile ») formaient des groupes de jeunes garçons vêtus de blanc, coiffés de chapeaux pointus décorés d’étoiles. Ils parcouraient fermes et villages en chantant des cantiques et en jouant des scènes inspirées des Rois mages, en échange de nourriture ou de quelques pièces.
- Un héritage déplacé vers Lucia : avec le temps, ces figures ont quasiment disparu du 6 janvier et ont été intégrées aux célébrations de la Sainte-Lucie, le 13 décembre.


