Les lampions se sont éteints sur les arènes de Vérone, refermant le chapitre des Jeux olympiques d’hiver de Milano–Cortina 2026. Que restera-t-il de cette quinzaine italienne ? Au-delà du tableau des médailles dominé sans partage par les nations scandinaves , ces Jeux auront offert un miroir brutal de notre époque : exploits hors normes, chutes physiques, scandales intimes, tensions politiques et émotions à vif.
La domination nordique, froide et implacable
Sur le plan sportif, la hiérarchie fut claire. La Norvège a survolé la compétition avec 41 médailles, dont 18 en or, confirmant son statut de superpuissance hivernale. La Suède a particulièrement brillé chez les femmes, tandis que l’Italie, pays hôte, a réussi son pari populaire avec 30 médailles, malgré une quatrième place au classement général.
Klæbo, l’Empereur de l’hiver
Au sommet de cet Olympe glacé trône un nom : Johannes Høsflot Klæbo. À Val di Fiemme, le Norvégien n’a pas seulement gagné : il a écrasé l’histoire. En remportant six médailles d’or lors d’une seule édition, il efface le record d’Eric Heiden (1980). Avec onze titres olympiques au total, Klæbo devient l’athlète d’hiver le plus titré de tous les temps, rejoignant Michael Phelps dans le panthéon absolu du sport mondial.

Quand la guerre rattrape les Jeux
Le CIO aime rappeler que le sport est apolitique. La réalité l’a contredit. Le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych a été exclu des Jeux pour avoir arboré sur son casque les portraits d’athlètes et d’entraîneurs ukrainiens morts au front. Un hommage jugé contraire aux règles olympiques. À son retour, il a été décoré de l’Ordre de la Liberté par Volodymyr Zelensky. Le CIO a choisi la règle ; Heraskevych, l’honneur.

Le vaudeville norvégien
Rarement une médaille n’aura été éclipsée de façon aussi cruelle. Alors que Johan-Olav Botn célébrait son titre olympique, son compatriote Sturla Holm Lægreid a choisi la zone mixte et les caméras de la NRK pour confesser en direct son infidélité. Une séquence surréaliste qui a transformé la fête sportive en drame intime, forçant Lægreid à présenter des excuses publiques pour avoir « volé la vedette » au champion.

Tricheries, tensions et index pointé
Sur la glace du curling, le mythe du fair-play canadien a vacillé. Marc Kennedy a été accusé par les Suédois de toucher illégalement la pierre, preuves photographiques à l’appui. Sa réponse une insulte directe lui a valu un avertissement et l’intervention du CIO. Le Canada a conservé l’or, mais le titre restera entaché par la controverse.

Le prix de la chair
Ces Jeux furent aussi ceux de la douleur. À 41 ans, Lindsey Vonn a tenté l’impossible : courir sans ligaments croisés. La descente fut fatale : chute violente, tibia fracturé, cinq opérations chirurgicales. Une fin de carrière tragique.

À l’inverse, la Suédoise Ebba Andersson a frôlé la mort lors d’un relais après une rupture de fixation, effectuant un salto avant involontaire. Elle repart avec l’argent… et l’admiration du roi Carl XVI Gustaf.

La politique jusque dans le half-pipe
Même à distance, la politique américaine s’est invitée. Donald Trump a violemment attaqué le skieur acrobatique Hunter Hess sur Truth Social. La réponse de l’athlète un « L » de loser sur le front face aux caméras restera comme l’une des images les plus dérangeantes de ces Jeux.

Christian Stadler /Action Press
Les Jeux des émotions brutes
Entre les larmes de Matthew Tkachuk honorant Johnny Gaudreau, la détresse du Norvégien Atle Lie McGrath fuyant les caméras après sa chute, Milano–Cortina 2026 fut une cocotte-minute émotionnelle.

Expulsé pour consommation d’alcool
Lors des Jeux olympiques d’hiver de Milano–Cortina 2026, le chef de l’équipe de saut à ski finlandaise, Igor Medved, a été renvoyé chez lui après avoir enfreint les règles de conduite du comité olympique et de son équipe en violant les règles liées à la consommation d’alcool. Selon les autorités sportives, il a été exclu des Jeux suite à ce “scandale d’ébriété” et à des incidents liés à sa consommation excessive d’alcool lors de célébrations, ce qui a entraîné sa renvoi immédiat d’Italie.

L’affaire a été relayée par plusieurs médias internationaux, qui rapportent que Medved a quitté le Village olympique après avoir été jugé incompatible avec les règles strictes de comportement attendues des encadreurs techniques à l’occasion de la plus importante compétition sportive mondiale.
Une intrusion en direct
Nazgul est apparu dans une zone boisée du parcours, visiblement attiré par le bruit et le mouvement du peloton. Pendant plusieurs secondes interminables à l’échelle olympique l’animal a couru parallèlement aux athlètes, frôlant leurs skis. Les images télévisées ont montré des fondeurs hésitant entre rire et inquiétude, craignant une collision.

Les officiels ont envisagé une interruption immédiate de l’épreuve, mais la situation a été résolue rapidement :
- des bénévoles et un agent de sécurité sont intervenus,
- Nazgul a été attiré hors de la piste sans blessure,
- la course a pu reprendre sans neutralisation officielle.
Une mascotte malgré lui

L’animal n’a pas été euthanasié ni expulsé brutalement. Au contraire :
- il a été pris en charge par les services locaux,
- examiné par un vétérinaire,
- et confié temporairement à un refuge de la région.
Sur les réseaux sociaux, #Nazgul est devenu viral en quelques heures, symbole inattendu de ces Jeux « trop humains ». Certains athlètes ont même plaisanté en conférence de presse, affirmant que le chien avait « le sens de la ligne parfaite ».

Pourquoi cet incident a marqué
Parce qu’il résume Milano–Cortina 2026 :
- une organisation sous pression,
- des Jeux éclatés géographiquement,
- et des moments où le contrôle total échappe… au profit de l’imprévu.
Nazgul n’a gagné aucune médaille.
Mais il est sans doute l’un des protagonistes les plus mémorables de ces Jeux.
Un miroir de notre époque
Ces Jeux resteront ceux de la fragmentation : excellence sportive absolue et faillibilité humaine exposée sans filtre. Derrière les chiffres, l’or et les records, Milano–Cortina 2026 aura montré ce que nous sommes : capables de génie comme de mesquinerie, d’héroïsme comme de dérive.
Le décor olympique s’est fissuré. Et dans ses craquelures, l’humanité est apparue, brute et indéniable.


