Madrid / Bruxelles — Les autorités espagnoles et européennes renforcent leur vigilance face à la diffusion de contenus pédopornographiques et sexuels générés par l’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux. Le gouvernement espagnol a annoncé avoir demandé au parquet d’ouvrir une enquête visant plusieurs grandes plateformes, tandis que l’Union européenne examine de près le rôle du chatbot Grok, intégré au réseau social X.
L’Espagne saisit la justice contre X, Meta et TikTok
Le gouvernement espagnol a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire concernant les plateformes X, Meta propriétaire de Facebook et Instagram ainsi que TikTok.
L’annonce a été faite par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, dans une publication sur X.
« Ces plateformes mettent en péril la santé mentale, la dignité et les droits de nos enfants », a-t-il déclaré, dénonçant la circulation de contenus illégaux ou préjudiciables liés à l’usage de l’intelligence artificielle.
Les autorités espagnoles souhaitent notamment examiner la responsabilité des réseaux sociaux dans la diffusion ou la facilitation de contenus pédopornographiques générés artificiellement, un phénomène en forte expansion avec la démocratisation des outils d’IA générative.
X et Grok déjà au cœur de polémiques
Le réseau social X et son chatbot Grok, développé sous l’impulsion d’Elon Musk, ont déjà été la cible de vives critiques. Grok a notamment été accusé d’avoir généré des images deepfake à caractère sexuel, représentant de vraies personnes dénudées sans leur consentement.
Ces pratiques ont relancé le débat sur les limites de l’IA générative, la protection des mineurs et la responsabilité des plateformes qui intègrent ces outils à grande échelle.
L’Union européenne ouvre une enquête sur Grok
En parallèle, l’Union européenne a ouvert sa propre enquête. La Data Protection Commission (DPC), autorité irlandaise de protection des données agissant au nom de l’UE, a annoncé l’ouverture d’une procédure visant X et Grok pour d’éventuelles violations du Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Dans un communiqué cité par l’agence Ritzau, la DPC précise que l’enquête portera sur le respect par X de ses obligations légales en matière de traitement des données personnelles concernant les personnes situées dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen.
« L’objectif est de déterminer si X a respecté ses obligations au titre du RGPD en ce qui concerne les données personnelles traitées sur les personnes concernées dans l’UE ou l’EEE », indique l’autorité.
Vers un durcissement du cadre réglementaire
Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte de pression croissante sur les plateformes numériques, confrontées à des exigences renforcées en matière de protection des mineurs, de lutte contre les contenus illégaux et de gouvernance de l’intelligence artificielle.
Alors que l’IA générative progresse rapidement, les autorités européennes et nationales cherchent à adapter les cadres juridiques existants afin d’empêcher que ces technologies ne soient utilisées à des fins criminelles ou attentatoires aux droits fondamentaux.


