En Suède, le refus des sociaux-démocrates de soutenir une initiative parlementaire portée par l’opposition empêche, pour l’instant, toute majorité en faveur d’un moratoire sur les expulsions de jeunes migrants arrivés mineurs.
Les Sociaux-démocrates suédois ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à une initiative parlementaire visant à mettre fin aux expulsions d’adolescents migrants. La proposition était portée conjointement par le Parti vert, le Parti de gauche et le Parti du centre.
Le texte visait à rétablir une loi précédemment abrogée, qui accordait une protection temporaire à certains jeunes arrivés mineurs en Suède, mais devenus expulsables après le rejet de leur demande d’asile. Selon ses défenseurs, cette mesure permettrait d’éviter l’éloignement de jeunes ayant passé une part importante de leur adolescence dans le pays, souvent scolarisés et intégrés.
Tout en reconnaissant la dimension humaine de ces situations, les sociaux-démocrates estiment que la proposition actuelle manque de solidité juridique. Le parti juge que toute modification du droit des étrangers doit s’inscrire dans une réforme globale et cohérente, plutôt que dans une initiative ponctuelle portée par l’opposition.
Ce positionnement empêche, à ce stade, l’obtention d’une majorité au Riksdag (parlement). Les partis à l’origine de la proposition dénoncent un manque de volonté politique et alertent sur le sort de jeunes menacés d’expulsion après plusieurs années de vie en Suède.
Pourquoi concrètement ?
Parce que les sociaux-démocrates suédois estiment que la proposition de l’opposition est juridiquement fragile et politiquement incomplète.
Selon eux, rétablir ponctuellement une protection temporaire pour certains jeunes migrants risquerait de créer des incohérences dans le droit des étrangers et d’ouvrir la voie à des exceptions difficiles à encadrer. Le parti défend une approche globale de la politique migratoire, fondée sur des règles stables et applicables à long terme, plutôt qu’une initiative ciblée portée par l’opposition.
Les sociaux-démocrates craignent également que cette mesure, adoptée sans réforme d’ensemble, fragilise le cadre légal existant et complique le travail des autorités chargées de l’asile et des expulsions.
À cela s’ajoute un calcul politique : s’aligner sur une proposition de l’opposition sur un sujet aussi sensible pourrait être perçu comme un recul sur la ligne migratoire défendue ces dernières années, dans un contexte où l’immigration reste un enjeu fortement polarisant en Suède.
Le débat reste ouvert dans le pays, où la question des expulsions de mineurs et de jeunes adultes continue de diviser l’opinion publique, entre impératifs migratoires, considérations humanitaires et respect du cadre légal.


