Le professeur Ludvig Beckman a annoncé sa démission du conseil d’éthique de l’Office suédois des migrations, en protestation contre la politique actuelle d’expulsion d’adolescents ayant grandi en Suède. Selon lui, ces pratiques sont contraires à la Constitution suédoise.
Spécialiste de sciences politiques à l’Université de Stockholm, Ludvig Beckman estime que la politique migratoire en vigueur, qui contraint des jeunes à quitter un pays où ils ont passé une grande partie de leur vie, viole des principes fondamentaux de l’État de droit. Cette conviction l’a conduit à quitter ses fonctions au sein de l’organe consultatif chargé d’éclairer les décisions éthiques de l’administration migratoire.
Dans une interview accordée au quotidien Dagens Nyheter, le professeur explique que sa décision est motivée par l’intensification récente des expulsions de mineurs et de jeunes adultes.
« C’est principalement à cause de ces expulsions, qui ont dégénéré et ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Je ne veux plus rester les bras croisés et légitimer cela », a-t-il déclaré.
Ces dernières années, la question des expulsions de jeunes migrants arrivés mineurs en Suède a suscité de vifs débats politiques et juridiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une application rigide des règles migratoires, au détriment de l’intégration et de la protection des jeunes concernés.
La démission de Ludvig Beckman intervient dans un contexte de pression croissante sur les autorités suédoises, accusées par certains juristes et universitaires de s’éloigner des principes constitutionnels et des engagements internationaux du pays. Elle met également en lumière les tensions internes au sein des institutions chargées de conseiller et de mettre en œuvre la politique migratoire.


