Le Danemark a conclu un accord de coopération stratégique avec la France en matière de dissuasion nucléaire, rejoignant ainsi plusieurs pays européens engagés dans un renforcement de la défense du continent.
Le gouvernement danois a toutefois précisé que cet accord ne signifie pas le déploiement d’armes nucléaires sur son territoire.
L’annonce intervient après les déclarations du président français Emmanuel Macron, qui a indiqué que la France allait accroître la taille de son arsenal nucléaire et augmenter le nombre d’ogives. Paris a également invité plusieurs partenaires européens, dont le Danemark, à approfondir leur coopération afin de consolider la dissuasion européenne.
Au sein de l’OTAN, trois pays disposent actuellement de l’arme nucléaire : les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen (S), a justifié ce rapprochement en évoquant la nécessité de dissuader d’autres puissances nucléaires. « Malheureusement, c’est nécessaire », a-t-elle déclaré.
Un tournant politique
Cette décision marque un changement important dans la politique de défense danoise. Le Danemark a historiquement refusé toute implication nucléaire, une position qui a suscité d’intenses débats dans les années 1970 et 1980, rappelle Mads Korsager, correspondant défense de la chaîne publique DR.
Le ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen (V), a affirmé que si le Danemark souhaite renforcer sa propre sécurité, la coopération avec la France constitue « un exemple de quelque chose que nous devrions accueillir favorablement ».
Depuis des décennies, le Danemark applique une politique de non-déploiement d’armes nucléaires sur son sol. Interrogé sur le maintien de cette ligne, le ministre a assuré que cette politique reste inchangée pour l’instant, tout en laissant la porte ouverte à un débat futur :
« Je ne pense pas que nous puissions être certains de ce qui se passera à l’avenir. J’ai déjà dit que j’étais ouvert à la discussion à ce sujet. »


