Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la réforme, les autorités suédoises ont approuvé plusieurs demandes du nouveau dispositif d’aide financière destiné aux migrants souhaitant retourner définitivement dans leur pays d’origine. Cette mesure, considérablement renforcée depuis le début de l’année, vise à encourager le retour volontaire des personnes ayant obtenu un permis de séjour pour des raisons de protection annonce
Depuis le 1er janvier, le montant de cette aide a été fortement augmenté. Alors qu’elle s’élevait auparavant à environ 10 000 couronnes suédoises, elle peut désormais atteindre jusqu’à 350 000 couronnes par adulte (soit environ 30 000 à 32 000 euros), selon les critères établis par les autorités.
Selon les informations rapportées par la radio publique suédoise, trois premières demandes ont récemment été approuvées par l’Agence suédoise des migrations. Les bénéficiaires sont deux ressortissants syriens et une personne originaire de Côte d’Ivoire. Ces décisions marquent les premières applications concrètes de la réforme.
Une mesure destinée aux réfugiés protégés
Le programme s’adresse principalement aux personnes qui ont obtenu un permis de séjour en Suède pour des motifs de protection, notamment les réfugiés ou les bénéficiaires de la protection subsidiaire. Pour être éligible, le demandeur doit démontrer qu’il prévoit de quitter la Suède de manière permanente pour retourner dans son pays d’origine.
Les autorités exigent également que les candidats n’aient pas de dettes importantes en Suède et qu’ils remplissent certaines conditions administratives liées à leur statut migratoire.
Un nombre croissant de demandes
Depuis l’introduction de la nouvelle aide, l’intérêt semble croître. Jusqu’à présent, environ 370 demandes ont été déposées auprès des autorités suédoises. Parmi les candidats, les ressortissants syriens constituent le groupe le plus important, ce qui reflète la forte présence de réfugiés syriens arrivés en Suède lors de la crise migratoire des années 2015-2016.
Toutefois, toutes les demandes ne sont pas acceptées. Au début de l’année, les données de janvier montraient que 82 demandes avaient été rejetées sur un total de 272 dossiers examinés, ce qui illustre que les autorités appliquent des critères relativement stricts dans l’évaluation des dossiers.
Un dispositif au cœur du débat politique
L’augmentation spectaculaire du montant de l’aide s’inscrit dans la politique migratoire plus restrictive adoptée ces dernières années par la Suède. Le gouvernement souhaite encourager les retours volontaires des personnes qui ne souhaitent plus s’établir durablement dans le pays.
Cette mesure reste toutefois controversée. Ses partisans estiment qu’elle offre une solution volontaire et encadrée pour ceux qui souhaitent repartir, tout en réduisant la pression sur les systèmes d’accueil et d’intégration. Ses détracteurs, en revanche, s’interrogent sur le coût du dispositif et sur l’efficacité réelle de ce type d’incitation financière.
Pour l’instant, les premières décisions marquent le début concret du programme, tandis que les autorités continueront d’examiner les centaines de demandes encore en attente.


