La SNCF vient de dévoiler une nouvelle offre baptisée Optimum, destinée aux voyageurs de la classe affaires à bord des TGV. Pensée pour une clientèle professionnelle, cette formule premium promet un environnement calme, propice au travail et au repos. Particularité notable : les enfants n’y sont pas autorisés.
Cette initiative a suscité de vives réactions, notamment celle de la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui s’est dite choquée par une mesure qu’elle considère comme discriminatoire et symboliquement problématique. Selon elle, exclure les enfants d’un espace de transport collectif envoie un signal négatif quant à leur place dans la société.
La SNCF, de son côté, défend une offre optionnelle qui ne remet pas en cause l’accès des familles aux autres classes. L’annonce relance néanmoins le débat sur la segmentation des services au sein d’un transport historiquement associé au service public.
La SNCF cible avec l’offre Optimum une clientèle professionnelle qui utilise le TGV comme un prolongement du bureau : travailler, passer des appels, se reposer entre deux rendez-vous.
Or, selon la SNCF, ces voyageurs expriment une attente forte de calme absolu, au-delà des espaces « silencieux » existants.
Monter en gamme face à la concurrence
L’offre s’inscrit aussi dans une stratégie de montée en gamme :
- attirer des clients habitués à l’avion ou à la voiture avec chauffeur
- proposer un service différenciant, prêt à être payé plus cher
- segmenter davantage les usages (familles, loisirs, affaires)
C’est une approche déjà courante dans l’hôtellerie ou l’aérien (salons business, hôtels adults only).
Une offre optionnelle, pas une règle générale
La SNCF insiste sur un point :
Optimum ne remplace aucune classe existante et n’empêche pas les familles de voyager. Il s’agit d’un choix supplémentaire, limité à certains espaces.
Mais un symbole sensible
Si la logique économique est claire, le symbole l’est beaucoup moins. Exclure les enfants d’un transport associé au service public touche à des questions de société, ce qui explique la réaction de responsables politiques comme Sarah El Haïry.


