Une affaire pour le moins surprenante met en lumière une nouvelle facette du trafic d’espèces sauvages. Selon l’AFP et l’Associated Press (AP), un ressortissant chinois a été arrêté à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi après avoir tenté de faire sortir clandestinement près de 2 000 fourmis reines vivantes.
D’après les autorités kényanes, les insectes étaient soigneusement dissimulés dans de petits tubes à essai et emballés dans du papier, prêts à être expédiés vers l’Asie. La cargaison a été interceptée lors d’un contrôle de sécurité, entraînant l’inculpation de l’homme pour trafic illégal d’animaux sauvages.
Selon l’AP, un complice kényan présumé, soupçonné d’avoir fourni les fourmis, a également été arrêté. Les deux hommes ont plaidé non coupable devant la justice. L’avocat du suspect chinois a affirmé que son client ignorait enfreindre la loi et qu’il cherchait simplement à tirer profit d’un commerce lucratif.
Mais derrière cette affaire insolite se cache une réalité bien plus large. Comme le souligne l’AFP, la demande pour certaines espèces de fourmis est en forte hausse en Europe et en Asie, où elles sont collectionnées ou élevées comme animaux de compagnie. Certaines reines, essentielles à la création de colonies, peuvent être revendues à des prix très élevés sur des marchés spécialisés.
Les enquêteurs ont indiqué que les fourmis avaient été achetées à bas prix au Kenya avant d’être destinées à la revente à l’étranger avec une marge importante. Ce type de trafic, encore peu médiatisé, attire de plus en plus d’acteurs en raison de sa rentabilité et du faible niveau de surveillance comparé à celui des grands animaux.
Les autorités kényanes alertent désormais sur cette évolution. Selon les services de la faune, cités par l’AFP, l’extraction massive de reines peut avoir des conséquences graves sur les écosystèmes, en perturbant la reproduction et la survie des colonies locales.
Ce cas s’inscrit dans une tendance plus large. Toujours selon l’AFP, plusieurs affaires similaires ont été enregistrées ces dernières années. En 2025, quatre individus dont des ressortissants européens ont été condamnés à des peines de prison et à de lourdes amendes pour avoir tenté d’exporter des milliers de fourmis depuis le Kenya.
Face au renforcement des contrôles sur les espèces emblématiques comme les éléphants ou les rhinocéros, les réseaux se tournent vers des espèces moins visibles mais tout aussi lucratives. Une mutation du trafic qui inquiète les autorités et souligne l’émergence d’un marché parallèle discret, mais en pleine expansion.


