Stockholm — Lundi 16 février 2026 – Une décision de l’Swedish Migration Agency (Agence suédoise des migrations) a déclenché une vague d’indignation dans les médias et le débat public suédois : l’agence a ordonné l’expulsion d’un bébé de huit mois, né en Suède, vers l’Iran… sans ses parents, une mesure jugée choquante par de nombreux commentateurs et défenseurs des droits humains.
Une décision rarissime et controversée
L’enfant, qui n’a jamais quitté la Suède, n’a pas de permis de séjour valide car ses parents ne disposent pas d’un statut migratoire qui l’aurait naturellement couvert. Dans ces conditions, l’Agence a considéré que l’enfant devait être expulsé vers son pays d’origine, l’Iran, où il serait séparé de sa famille et placé là-bas sans accompagnement parental.
Cette situation, extrêmement rare, a soulevé l’indignation sur les réseaux sociaux et dans plusieurs titres de presse suédois, pour qui la décision apparaît inhumaine et moralement inacceptable. L’affaire est souvent citée comme un symbole des tensions actuelles autour de la politique migratoire du pays, entre application stricte de la loi et considérations de protection des plus vulnérables.
Réactions médiatiques et débats publics
Sur les tribunes des médias nationaux, de nombreux éditorialistes ont dénoncé un manque d’humanité dans l’application des règles d’immigration, alors même que l’enfant n’a jamais connu un autre pays que la Suède. Certains commentateurs ont évoqué le cas comme un « moment politique potentiellement embarrassant » pour le gouvernement, qui a récemment durci les règles migratoires et intensifié les expulsions.
D’après des critiques, cette décision met en lumière la rigidité du système juridique suédois, qui ne prévoit pas suffisamment de marge de manœuvre pour traiter des situations aussi sensibles, notamment lorsqu’elles impliquent des enfants en bas âge.
Contexte politique : durcissement migratoire
Ce cas survient dans un climat politique suédois tendu, marqué par une série de réformes restrictives dans le domaine de l’immigration et de la citoyenneté. Le gouvernement de centre-droit, soutenu par des partis favorables à des politiques plus strictes, a récemment modifié les règles d’accès à la nationalité et durci certains critères d’asile et d’expulsion.
Par ailleurs, une autre controverse en cours concerne les expulsions de mineurs et d’adolescents, avec des propositions parlementaires pour offrir davantage de protections à ces jeunes ou leur permettre de terminer leur scolarité avant tout départ forcé initiatives que certains partis ont rejetées ou jugées insuffisantes.
Défense des autorités
Du côté des autorités, l’Agence suédoise des migrations affirme appliquer la loi telle qu’elle est codifiée, rappelant que la citoyenneté suédoise ne s’obtient pas simplement par la naissance sur le sol national si les parents ne sont pas eux-mêmes citoyens ou titulaires d’un permis donnant droit à une couverture familiale automatique. Cette règle, bien que jugée controversée, s’aligne sur le cadre légal actuel.
Un cas qui pose question
Ce dossier met en lumière un dilemme central : comment concilier application de règles strictes d’immigration avec des impératifs humanitaires, en particulier lorsqu’il s’agit des tout-jeunes nés en Suède ? Pour de nombreux observateurs, ce cas pourrait devenir un point de bascule dans le débat public, poussant à une réévaluation des mécanismes juridiques entourant les expulsions d’enfants et de familles.


