Deuxième producteur mondial de cacao, le Ghana a annoncé une baisse significative du prix payé aux planteurs, une décision présentée par les autorités comme indispensable pour faire face au recul des cours mondiaux et aux difficultés structurelles persistantes du secteur.
Le prix à la production passe ainsi de 58 000 cédis à un peu plus de 41 000 cédis la tonne, un ajustement que le gouvernement justifie par la nécessité de s’aligner sur les réalités du marché international, dans un contexte de forte volatilité des prix et de tensions financières croissantes.
Selon le ministre des Finances, la campagne cacaoyère 2023-2024 devait initialement atteindre 786 000 tonnes. La production réelle n’a toutefois culminé qu’à 432 000 tonnes, soit près de la moitié des volumes attendus. Ce déficit inédit a entraîné des pertes estimées à plus d’un milliard de dollars, fragilisant l’ensemble de la chaîne de valeur.
Face à la grogne des producteurs, les autorités ont également ordonné le remboursement des arriérés dus aux planteurs. Elles prévoient par ailleurs d’inscrire dans la loi une garantie minimale : au moins 70 % du prix brut à l’exportation devra revenir aux producteurs, afin de mieux protéger leurs revenus.
Au-delà des mesures d’urgence, le gouvernement entend engager une réforme en profondeur du financement de la filière. À partir de la campagne 2026-2027, il sera notamment exigé que 50 % au minimum des fèves soient transformées localement, avec l’objectif d’augmenter la valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Pilier historique de l’économie ghanéenne, la filière cacao représente environ 10 % du PIB et constitue la troisième source de devises du pays, derrière l’or et le pétrole. Un secteur stratégique, aujourd’hui à la croisée des chemins, entre contraintes budgétaires, attentes sociales et impératifs de transformation économique.


