Un petit changement de perspective sur une disposition bien connue du monde du travail suédois a déclenché une étonnante vague d’attention médiatique cette semaine. Dans la commune d’Älvdalen, au centre de la Suède, des élus du Centerpartiet ont proposé une interprétation très large de la friskvårdstimme l’heure hebdomadaire allouée aux employés pour une activité de bien-être en suggérant qu’il pourrait inclure des relations sexuelles consenties entre collègues sur le temps de travail.
Une proposition née “comme une blague”
La suggestion a été mentionnée lors d’une conférence municipale sur le développement local, où des responsables politiques, des fonctionnaires et des acteurs économiques discutaient de moyens d’améliorer la qualité de vie et le bien-être des employés. Selon Torbjörn Zakrisson, président du Centrepartiet local, l’idée est née sur le ton de l’humour : « Ça a commencé comme une blague », a-t-il expliqué.
À la surprise de certains, le comité municipal a voté à l’unanimité pour que la proposition soit étudiée plus en détail par la commission compétente.
L’intention derrière la proposition
Selon Zakrisson, l’objectif n’est pas de créer une nouvelle règle sur le sexe au travail, mais plutôt d’élargir la compréhension de ce qui peut constituer une activité de bien-être : l’heure de bien-être (friskvårdstimme) outre les pratiques traditionnelles comme le sport ou la relaxation pourrait, dans sa vision, être utilisée à des fins qui favorisent la santé mentale ou physique à condition que cela reste volontaire, légal et respectueux de l’environnement professionnel et de l’intégrité des personnes concernées.
Zakrisson a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une vision moderne et inclusive du bien-être, et que la mise en œuvre de cette idée dépendrait d’un examen juridique approfondi.
Une proposition déjà discutée ailleurs
Cette n’est pas la première fois qu’une idée similaire affole les médias suédois. En 2017, dans la commune d’Övertorneå, un autre élu avait suggéré que le temps de bien-être puisse être utilisé pour que les employés rentrent chez eux et aient des relations sexuelles avec leur partenaire, notamment comme moyen d’encourager les naissances dans une région à faible population — ce qui avait provoqué un mélange de réactions allant de l’amusement à la critique dans les médias nationaux et internationaux.
Réactions et enjeux
Le projet d’Älvdalen a suscité surprise et débat dans la presse et sur les réseaux sociaux. Certains y voient une réflexion originale sur la qualité de vie au travail dans un contexte où les politiques de bien-être sont de plus en plus prises au sérieux. D’autres s’inquiètent des impacts éthiques et juridiques, notamment en matière de harcèlement, de consentement et de respect des espaces de travail professionnels.
Avant toute éventuelle application, la proposition doit encore faire l’objet d’une analyse juridique, et on ignore encore si elle sera adoptée dans sa forme actuelle ou amendée.
Ce qu’il faut retenir
- La proposition vient du Centrepartiet de la commune d’Älvdalen et envisage d’élargir la friskvårdstimme pour y inclure des activités très libres, y compris des relations sexuelles consensuelles.
- Elle a été initialement évoquée sur le ton de la plaisanterie mais a été retenue pour étude par une majorité municipale.
- Elle doit encore être examinée légalement avant toute mise en œuvre.
- De précédents débats similaires ont eu lieu en Suède, alimentant la discussion publique sur ce type d’initiative.


