Une cérémonie organisée à Copenhague en hommage au dirigeant iranien Ali Khamenei a déclenché une vive controverse politique au Danemark, relançant le débat sur l’accès à la citoyenneté à quelques semaines des élections législatives prévues fin mars.
Dimanche, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées sur Den Røde Plans, dans le quartier multiculturel de Nørrebro, pour rendre hommage au dirigeant iranien tué lors d’attaques survenues le week-end précédent. Selon les médias danois, les participants ont allumé des bougies, récité des versets du Coran et scandé des slogans hostiles à Israël. Certains portaient des masques pour dissimuler leur identité.
Une réaction politique immédiate
La cérémonie a rapidement suscité une réaction virulente dans la classe politique danoise.
Le chef du parti Alliance libérale, Alex Vanopslagh, a dénoncé l’événement sur les réseaux sociaux, estimant que les personnes ayant participé à cet hommage ne devraient pas pouvoir obtenir la citoyenneté danoise.
Une position reprise par Inger Støjberg, chef du parti Danmarksdemokraterne, qui a appelé les « immigrés inadaptés » à quitter le pays.
Le gouvernement évoque des « valeurs antidémocratiques »
Au sein du gouvernement de coalition dirigé par les sociaux-démocrates, plusieurs responsables ont également critiqué l’hommage rendu au dirigeant iranien. Le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Rasmus Stoklund, a déclaré que la citoyenneté danoise devait rester « un privilège » réservé à ceux qui respectent les valeurs démocratiques du pays.
Dans une interview accordée au quotidien Berlingske il a affirmé que les personnes soutenant des régimes autoritaires ne devraient pas obtenir la nationalité.
Le gouvernement a par ailleurs mandaté un groupe d’experts pour examiner la possibilité d’identifier les « valeurs antidémocratiques » chez les candidats à la naturalisation.
Un débat électoral en pleine intensification
Cette controverse intervient dans un contexte politique déjà tendu à l’approche des élections législatives danoises. Les questions d’immigration, d’intégration et de loyauté envers les valeurs démocratiques occupent une place croissante dans le débat public.
Après les tensions liées à la situation au Groenland, la crise au Moyen-Orient et ses répercussions au Danemark pourraient désormais influencer la campagne électorale.
Pour plusieurs analystes politiques, l’affaire illustre la difficulté croissante pour les autorités européennes de concilier liberté d’expression, diversité culturelle et défense des valeurs démocratiques dans un contexte international de plus en plus polarisé.


