Équivalent suédois des Césars français ou des Oscars américains, les Guldbagge constituent la plus haute distinction du cinéma national. L’édition du 19 janvier 2026, organisée à Stockholm, a pourtant été marquée par une vive controverse politique : l’absence remarquée de la ministre de la Culture, Parisa Liljestrand.
La plus prestigieuse récompense du cinéma suédois
Créés en 1964 par l’Institut suédois du film, les Guldbagge récompensent chaque année les meilleures œuvres, interprétations et contributions techniques du cinéma suédois. Le gala est traditionnellement perçu comme un moment fort de reconnaissance institutionnelle pour l’ensemble de la profession.

Le trophée, imaginé par l’artiste Karl Axel Pehrson, représente une cétoine dorée en cuivre émaillé et doré à la feuille d’or. Son vol scintillant aurait évoqué à l’artiste le défilement d’une pellicule de film.
Une absence qui rompt avec la tradition
L’absence de la ministre de la Culture a suscité incompréhension et indignation dans le milieu du cinéma, pour trois raisons principales.
D’abord, elle rompt avec une tradition bien établie : la présence du ministre ou de la ministre de la Culture est habituellement interprétée comme un signal de soutien de l’État à la création artistique.
Ensuite, le choix assumé de Parisa Liljestrand d’assister, le même soir, à la cérémonie de l’Académie gastronomique, au Palais Royal de Stockholm, a été perçu comme un arbitrage symboliquement défavorable au cinéma.
Enfin, cette décision intervient dans un contexte de tensions budgétaires, alors que le secteur culturel dénonce des réductions de financements et une politique jugée distante, voire indifférente, à l’égard de la création artistique.

Torell et Alexandre Mallet-Guy
EST * Vainqueur MEILLEUR FILM pour les Aigles de la République ! / photo via le compte officiel de guldbagge
Réactions virulentes sur le tapis rouge
Sur le tapis rouge, plusieurs figures du cinéma suédois ont exprimé publiquement leur colère.
L’acteur Fares Fares, pourtant sacré meilleur acteur lors de la cérémonie, s’est montré particulièrement sévère :
« Son choix montre qu’elle s’en fiche. Nous n’avons pas besoin de cette ministre. »
L’actrice Lena Endre a quant à elle dénoncé un signal politique inquiétant :
« Cela montre la valeur que ce gouvernement accorde à la culture. Elle est réduite partout. »
Interrogée après l’événement, Parisa Liljestrand a justifié son absence en affirmant vouloir être une « ministre pour tous les citoyens » et en revendiquant une vision plus large de la politique culturelle, incluant gastronomie et patrimoine. Une déclaration qui n’a guère apaisé les critiques.
Un palmarès éclipsé par la polémique
Sur le plan artistique, l’édition 2026 a été dominée par Eagles of the Republic du réalisateur Tarik Saleh, qui a remporté six prix, dont celui du meilleur film.
Un triomphe artistique largement éclipsé, dans le débat public, par une controverse politique révélatrice des tensions actuelles entre le gouvernement suédois et le monde de la culture.
Plus haute distinction du cinéma suédois, les Guldbagge récompensent depuis 1964 les œuvres et talents majeurs de la production nationale.


