Ouagadougou — La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) franchit une étape décisive de son processus de mise en place avec la nomination du professeur Balibié Sergé Auguste Beyala à sa présidence. Cette décision marque une avancée majeure pour cette institution financière stratégique créée en 2025 par les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Universitaire burkinabè reconnu, Balibié Sergé Auguste Bayala est une figure bien connue des milieux académiques et économiques de la région sahélienne. Professeur d’université, spécialiste des questions de développement, de gouvernance économique et de politiques publiques, il s’est distingué par ses travaux sur les modèles endogènes de croissance et les mécanismes de financement adaptés aux économies africaines. Sa nomination à la tête de la BCID-AES traduit la volonté des États de confier cette institution à un profil à la fois intellectuel et stratégique.
Créée dans un contexte de recomposition politique et économique régionale, la BCID-AES a pour vocation de soutenir le financement des projets structurants des pays membres, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrialisation et de la souveraineté économique. Elle ambitionne également de réduire la dépendance aux financements extérieurs traditionnels, en proposant des mécanismes adaptés aux priorités de développement définies par les États de l’AES.
La désignation de Balibié Sergé Auguste Bayala intervient à un moment clé, alors que la banque entre dans une phase opérationnelle sensible : structuration de la gouvernance, mobilisation des ressources financières, définition des premiers instruments de financement et crédibilisation de l’institution auprès des partenaires régionaux et internationaux. Le nouveau président aura la responsabilité de poser les bases techniques et stratégiques d’une banque appelée à jouer un rôle central dans l’architecture financière de l’espace AES.
Au-delà de son profil académique, ce choix est aussi politique. Il reflète une orientation assumée vers une expertise africaine, enracinée dans les réalités locales, à un moment où les États du Sahel revendiquent une plus grande autonomie dans la définition et le financement de leurs politiques de développement.
Avec cette nomination, la BCID-AES sort progressivement du cadre institutionnel pour entrer dans celui de l’action. Reste désormais à transformer l’ambition affichée en capacité réelle de financement, dans un environnement régional marqué par de forts défis économiques, sécuritaires et sociaux.


