Pour la première fois depuis plusieurs années, la Suède a enregistré aucun décès lié à une fusillade au cours du mois de janvier 2026. Ce fait statistique ressort comme une évolution notable dans un pays qui, ces dernières années, a été confronté à une augmentation préoccupante de la violence par armes à feu liée notamment à des règlements de comptes entre gangs criminels.
D’après les statistiques provisoires de la police suédoise relayées par Aftonbladet, aucun décès par fusillade n’a été signalé au cours du mois de janvier, une première depuis mars 2018. Cette évolution intervient dans un contexte où les fusillades mortelles avaient été fréquentes au cours de la dernière décennie.
Depuis 2018, 382 personnes ont perdu la vie sous les balles en Suède, selon les mêmes données policières et le mois le plus meurtrier récent a été février 2025, avec 13 décès, dont 10 dans une fusillade de masse sur un campus à Örebro.
En 2022, 62 personnes ont été tuées par arme à feu, ce qui reste à ce jour l’année la plus meurtrière dans l’histoire récente des statistiques suédoises.
Les années suivantes ont vu une légère baisse : en 2024 et 2025, on comptait respectivement 44 décès par armes à feu par an, selon l’analyse des données de police.
Pourquoi cette baisse ?
Selon Manne Gerell, criminologue à l’université de Malmö, interrogé par Aftonbladet, ce phénomène pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs combinés, notamment :
- Les efforts ciblés de la police contre les réseaux criminels, incluant des arrestations de cadres de gangs.
- Des stratégies policières plus proactives, renforcées par de nouvelles dispositions législatives et une coopération internationale.
Gerell estime que la probabilité d’avoir un mois sans meurtre par arme à feu augmente lorsque la fréquence globale des fusillades baisse, ce qui pourrait indiquer que les politiques actuelles commencent à produire des effets tangibles.
Sur la dernière décennie, la Suède s’est distinguée en Europe par un niveau de violence par armes à feu plus élevé que dans la plupart des pays voisins, souvent lié à des conflits entre gangs dans les zones urbaines.
Cependant, des statistiques officielles récentes montrent une tendance à la baisse des homicides et des violences mortelles, avec une décrue des cas de violence létale et des initiatives policières plus ciblées.
Ce mois sans décès par arme à feu est donc perçu par certains chercheurs comme un signe encourageant dans le long combat contre la violence armée en Suède, bien que les autorités soulignent que le problème reste préoccupant et que des efforts policiers et sociaux importants demeurent nécessaires.


