Le Ghana a annoncé son intention de soumettre une résolution à l’Organisation des Nations unies (ONU) visant à faire reconnaître la traite des esclaves africains comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à renforcer la reconnaissance internationale des crimes liés à la traite transatlantique et à promouvoir un devoir de mémoire à l’échelle mondiale.
Selon les autorités ghanéennes, le projet de résolution entend consacrer, au plus haut niveau du droit international symbolique, la gravité historique, humaine et civilisationnelle de la traite négrière, qui a entraîné la déportation de millions d’Africains vers les Amériques et durablement marqué les sociétés africaines et diasporiques.
La proposition devrait être examinée lors des prochaines sessions de l’ONU. Elle pourrait ouvrir un débat diplomatique sensible, notamment sur les notions de responsabilité historique, de réparations et de reconnaissance officielle des préjudices subis par les peuples africains et leurs descendants.
Une démarche inscrite dans une stratégie mémorielle plus large
Le Ghana s’est progressivement imposé comme l’un des principaux promoteurs internationaux du devoir de mémoire lié à la traite négrière. Depuis plusieurs années, le pays mène une politique active de valorisation des sites historiques liés à l’esclavage et de rapprochement avec les diasporas africaines, en particulier en Amérique du Nord, en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Cette initiative intervient également dans un contexte où plusieurs États africains et organisations régionales plaident pour une reconnaissance plus explicite des conséquences économiques, sociales et politiques de la traite négrière et de la colonisation. Si certaines instances internationales reconnaissent déjà la traite transatlantique comme un crime contre l’humanité, la qualification de « crime le plus grave » constituerait une étape symbolique supplémentaire.
Un débat diplomatique attendu
L’examen de cette résolution pourrait susciter des réactions contrastées au sein de la communauté internationale. Certains États pourraient soutenir une reconnaissance renforcée, tandis que d’autres pourraient exprimer des réserves, notamment en raison des implications juridiques et politiques potentielles liées aux demandes de réparations ou de compensations.
Pour les autorités ghanéennes, l’enjeu dépasse toutefois la seule dimension juridique. Il s’agit avant tout, selon elles, d’inscrire la mémoire de la traite négrière au cœur de la conscience internationale et de reconnaître son impact durable sur l’histoire mondiale.


