Hyderabad/New Delhi, mardi 27 janvier 2026 L’Union européenne (UE) et l’Inde ont conclu ce mardi un accord de libre-échange majeur, qualifié par les dirigeants des deux côtés de la Manche de « mère de tous les accords ». Après près de vingt ans de négociations intermittentes, ce pacte ambitieux vise à créer un vaste marché commun reliant près de deux milliards de personnes, représentant environ 25 % du produit intérieur brut mondial.
L’accord, officialisé le 27 janvier à l’issue du sommet UE-Inde à Hyderabad, entend réduire ou supprimer progressivement les droits de douane sur une large majorité des échanges de biens et de services entre les deux zones économiques. Il survient dans un contexte de tensions commerciales mondiales, notamment marqué par les mesures protectionnistes des États-Unis sous la présidence de Donald Trump, qui ont incité Bruxelles et New Delhi à renforcer leurs liens commerciaux.
Un pacte ambitieux mais complexe
L’accord prévoit notamment :
- la réduction significative des tarifs douaniers sur une grande partie des marchandises échangées, notamment dans l’automobile, la pharmacie, les vins et spiritueux ou les produits industriels ;
- une ouverture accrue des marchés de services et des investissements ;
- des dispositions pour faciliter la mobilité des jeunes professionnels et des étudiants ;
- des chapitres dédiés aux PME, à la coopération réglementaire et à la transition climatique.
Certaines filières jugées sensibles comme l’agriculture ou certains produits alimentaires ont toutefois été maintenues en dehors du cadre de libéralisation immédiate, afin de protéger des intérêts économiques domestiques.
Un tournant pour la géopolitique du commerce
Pour Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, cet accord illustre la stratégie de Bruxelles de diversifier ses partenaires commerciaux face aux incertitudes internationales. Cette diversification est vue comme un moyen de réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine, tout en consolidant la présence économique européenne en Asie.
Du côté indien, le Premier ministre Narendra Modi a salué l’accord comme un tournant stratégique, rapprochant l’Inde d’un bloc économique clé, tout en offrant de nouvelles opportunités d’exportation pour une économie en pleine croissance.
Conséquences économiques et perspectives
Les analystes estiment que ce traité pourrait augmenter significativement le volume des échanges bilatéraux dans les années à venir, avec des effets positifs pour les secteurs des technologies de l’information, de la manufacture et des services. Les entreprises européennes pourraient profiter de marchés émergents, tandis que les exportateurs indiens bénéficieront d’un meilleur accès à un marché de consommateurs plus large.
Cependant, la mise en œuvre complète de cet accord reste conditionnée à la ratification par les parlements nationaux des 27 États membres de l’UE, l’Union européenne elle-même, ainsi que par le gouvernement indien, un processus qui pourrait prendre plusieurs mois avant d’entrer pleinement en vigueur.


