Yaoundé — Le Groupe de la Banque africaine de développement vient de donner son feu vert à un financement majeur pour les infrastructures routières du Cameroun. Le 18 février 2026, l’institution panafricaine a approuvé un prêt de 309,93 millions d’euros, soit environ 203,3 milliards de FCFA, destiné au bitumage de l’axe Ngoura II – Yokadouma, dans la région de l’Est.
Ce projet s’inscrit dans la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers (PDCBET), un dispositif visant à renforcer la mobilité et les échanges dans une zone stratégique du bassin du Congo.
Une route clé pour l’intégration sous-régionale
Le financement permettra de bitumer 156 kilomètres de la route nationale n°10, un axe essentiel reliant plusieurs localités de l’Est camerounais. Au-delà de l’amélioration de la circulation, l’objectif est de désenclaver une région riche en ressources agricoles et forestières, mais encore faiblement connectée au reste du pays.

Aujourd’hui, à peine 6,25 % du réseau routier de la région est bitumé, ce qui freine les échanges commerciaux et complique l’accès aux services essentiels pour les populations locales.
Le projet revêt également une dimension régionale importante. L’axe Ngoura II – Yokadouma s’intègre dans le corridor Bertoua – Batouri – Yokadouma – Moloundou, qui relie le Cameroun aux marchés de la République centrafricaine et de la République du Congo.
À terme, l’infrastructure devrait faciliter la circulation des marchandises, réduire les coûts logistiques et renforcer l’intégration économique en Afrique centrale.
Un impact attendu sur l’économie locale
Au-delà de la construction de la route elle-même, le projet prévoit des retombées directes pour les populations de la région. Les travaux devraient générer au moins 2 500 emplois directs et indirects, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux groupes vulnérables.
Pour Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale, cette initiative traduit l’engagement de l’institution à accompagner les transformations économiques du pays.

Selon lui, ce projet vise à libérer le potentiel productif des territoires en améliorant l’accès aux infrastructures et aux marchés.
Un projet aux retombées régionales
À moyen terme, l’amélioration de cet axe routier devrait bénéficier à près d’un million de personnes, en facilitant l’accès aux services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation et les marchés agricoles.
Pour les autorités camerounaises comme pour leurs partenaires financiers, l’enjeu dépasse la simple modernisation d’une route. Il s’agit de structurer un véritable corridor économique, capable de dynamiser les échanges commerciaux entre plusieurs pays d’Afrique centrale.
Dans une région où l’enclavement reste l’un des principaux obstacles au développement, la construction de nouvelles infrastructures apparaît ainsi comme un levier stratégique pour transformer les ressources locales en croissance durable.


