STOCKHOLM — Le gouvernement suédois propose de durcir les conditions d’accès aux aides sociales pour les immigrés, en instaurant une durée minimale de résidence avant toute ouverture de droits. La réforme, présentée lors d’une conférence de presse par la ministre des Finances Elisabeth Svantesson, vise à restreindre l’accès immédiat au système de sécurité sociale.
Selon le projet, les immigrés devront avoir résidé en Suède pendant au moins cinq ans pour bénéficier de prestations telles que les allocations familiales, l’allocation parentale, l’aide au logement ou encore les indemnités de maladie. Les périodes de résidence dans d’autres pays de l’Union européenne pourront toutefois être prises en compte, conformément au droit européen.
« Il n’est pas évident que toute personne qui immigre en Suède doive avoir accès à l’intégralité de notre système de sécurité sociale dès son arrivée », a déclaré Elisabeth Svantesson. « Nous estimons au contraire qu’il est raisonnable que ce ne soit pas le cas. »
Une voie accélérée pour les travailleurs
Le gouvernement prévoit cependant une procédure accélérée pour les immigrés en emploi. Pour en bénéficier, il faudra soit :
- avoir travaillé six mois consécutifs avec un salaire supérieur à 40 000 couronnes suédoises par mois,
- soit avoir travaillé 12 mois sur les 24 derniers mois avec un salaire d’au moins 21 000 couronnes par mois.
Ce seuil est inférieur à celui recommandé par une enquête gouvernementale, qui proposait un minimum d’environ 29 000 couronnes mensuelles. Selon Ludvig Aspling, porte-parole du parti des Démocrates de Suède (SD) pour les questions migratoires, l’objectif est de « mieux adapter les salaires aux réalités du marché du travail ».
« Choisissez un autre pays »
La réforme s’inscrit dans une volonté assumée de réduire l’attractivité de la Suède pour les demandeurs d’asile motivés par les aides sociales.
« Nous envoyons un message clair à ceux qui souhaitent venir en Suède pour bénéficier des prestations sans subvenir à leurs propres besoins : veuillez choisir un autre pays », affirme Ludvig Aspling.
Selon lui, la suppression des allocations familiales et des aides pour familles nombreuses aura un impact significatif, notamment pour les ménages comptant quatre ou cinq enfants.
Une réforme ciblée et contestée
Les nouvelles règles doivent entrer en vigueur le 1er janvier 2027 et ne concerneront que les immigrés arrivés après cette date. Environ 42 000 adultes seraient concernés cinq ans après l’application de la réforme.
Le gouvernement a toutefois renoncé à d’autres propositions, notamment celle visant à conditionner l’accès à l’aide financière de base à des critères supplémentaires, ou encore à imposer des exigences de qualification.
Le Parti vert dénonce une réforme qui, selon lui, aggravera la précarité.
« Le gouvernement met en danger la sécurité et le bien-être de dizaines de milliers d’enfants », critique le député Malte Tängmark Roos, évoquant un risque accru de pauvreté.
Prestations concernées par la réforme
- Allocation parentale
- Allocations familiales (y compris pour enfants multiples)
- Aide au logement
- Indemnités de maladie et d’activité (indemnités garanties)
- Allocation de soins


