Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour que l’équilibre bascule. Cent dix-huit ans, exactement. Mercredi, la Norvège a enfin repris l’avantage sur sa grande rivale scandinave, la Suède, en prenant la tête du classement historique des médailles d’or olympiques.
Le moment charnière s’est joué sur les pistes nordiques, terrain familier de l’excellence norvégienne. En s’imposant en combiné nordique, Jens Lurås Oftebro a offert à son pays une 220ᵉ médaille d’or olympique, une unité de plus que la Suède, désormais créditée de 219 titres. Un symbole fort, relevé par le quotidien VG, tant ce duel nordique s’inscrit dans la durée.
La veille déjà, la hiérarchie avait vacillé. La victoire du biathlète Johan-Olav Botn avait permis à la Norvège de dépasser provisoirement la Suède. Mais la réponse suédoise ne s’était pas fait attendre : les frères et sœurs Rasmus et Isabella Wranås avaient aussitôt rétabli l’égalité en curling, prolongeant un bras de fer aussi serré que chargé d’histoire.
Pour retrouver la trace d’une Norvège en tête de ce classement, il faut remonter aux Jeux olympiques d’été de 1904. L’avance norvégienne avait alors tenu jusqu’aux Jeux de Londres en 1908, avant que la Suède ne prenne définitivement l’ascendant. Une domination qui s’est étendue sur plus d’un siècle, nourrie notamment par la performance exceptionnelle de la délégation suédoise lors des Jeux de Stockholm en 1912, disputés à domicile.
Ce renversement historique intervient dans un contexte particulièrement favorable aux athlètes norvégiens. Depuis le début de ces Jeux olympiques, la Norvège a déjà décroché sept médailles d’or, contre trois pour la Suède, confirmant sa suprématie actuelle dans les disciplines hivernales.
Au-delà des chiffres, ce passage de témoin illustre la constance, la profondeur et l’évolution des modèles sportifs nordiques. Et rappelle qu’aux Jeux olympiques, certaines victoires se mesurent moins en secondes ou en points qu’en décennies.


