Stockholm prépare une série de réformes qui redéfinissent conditions de séjour, immigration de travail et critères d’intégration au cœur du débat politique et social.
Le gouvernement suédois prépare une série de mesures législatives et réglementaires ambitieuses qui pourraient profondément modifier le cadre de l’immigration et de l’intégration en Suède au printemps 2026. Ces évolutions s’inscrivent dans une politique plus stricte visant à encadrer les flux migratoires, favoriser l’intégration des résidents et adapter la main-d’œuvre aux besoins du marché intérieur.
Une politique d’immigration plus restrictive et intégrée
Selon les priorités affichées par l’exécutif suédois, l’immigration liée à l’asile a été réduite ces dernières années, tandis que les autorités soulignent la nécessité d’intégration durable et de participation active à la société suédoise comme conditions de long terme pour les étrangers résidant dans le pays. Le gouvernement affirme que des critères plus clairs et stricts sont nécessaires pour préserver la cohésion sociale et réduire les exclusions.
Cette orientation s’accompagne de propositions et projets de loi qui devraient être discutés au Parlement dans les prochains mois et concerner :
1) Révision du statut de résident permanent
Des propositions parlementaires visent à modifier le régime des permis de séjour permanents pour certaines catégories d’étrangers, notamment ceux ayant obtenu une protection internationale. Selon des analyses juridiques, une réforme pourrait faire en sorte que le permis permanent soit conditionné à la naturalisation ou au respect d’exigences renforcées, plutôt qu’automatique.
2) Nouvelles règles pour l’immigration de travail
Un texte législatif en discussion veut approfondir les règles d’immigration professionnelle. Il proposerait notamment :
- un relèvement du seuil salarial requis pour l’obtention d’un permis de travail, basé sur un pourcentage élevé du salaire médian suédois,
- une focalisation sur les profils hautement qualifiés,
- des protections supplémentaires contre l’exploitation du travail étranger.
Ce mécanisme, s’il est adopté, contribuerait à restreindre l’accès au marché du travail pour certaines catégories de travailleurs peu qualifiés tout en facilitant l’entrée de talents hautement spécialisés.
3) Aide au retour volontaire
En parallèle à ces restrictions, l’État suédois a renforcé les incitations financières à un retour volontaire pour ceux souhaitant quitter le territoire. À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, le montant maximal de l’aide au retour a été augmenté, avec jusqu’à 350 000 SEK par adulte et des suppléments pour les familles.
Ce type d’aide s’inscrit dans une stratégie visant à offrir des alternatives aux solutions forcées d’éloignement tout en allégeant la pression sur les services publics et sociaux.
4) Vers une integration plus stricte
Les orientations gouvernementales indiquent également une volonté de renforcer les conditions d’intégration culturelle et linguistique : conditions préalables à certains types de permis ou à l’accès à des avantages sociaux, notamment par la maîtrise de la langue suédoise.
Un tournant dans la politique migratoire suédoise
Ces différentes mesures traduisent une politique migratoire plus sélective et basée sur l’intégration socio-économique. Elles marquent une rupture avec les règles d’accès qui prévalaient auparavant notamment en ce qui concerne le statut permanent et alignent la Suède sur une tendance européenne plus restrictive en matière d’immigration légale et d’accès au marché du travail.
Ce qui est confirmé :
✔️ Le gouvernement suédois a décidé d’augmenter l’aide au retour volontaire aux étrangers (jusqu’à 350 000 SEK).
✔️ Des projets de réforme du régime des permis permanents sont en circulation, visant à les rendre conditionnels à certains critères.
✔️ Des règles plus strictes pour l’immigration de travail (notamment salaire minimum autour de 90 % du salaire médian et conditions renforcées) sont proposées pour juin 2026.
✔️ La stratégie gouvernementale met l’accent sur une réduction de l’immigration d’asile et une intégration renforcée.


