Le dossier judiciaire visant Paul Nthenge Mackenzie, ancien pasteur autoproclamé au cœur de l’un des scandales religieux les plus meurtriers de l’histoire récente du Kenya, continue de s’alourdir. Le parquet national kényan a annoncé, lundi 26 janvier, l’inculpation du suspect pour 52 nouveaux décès, survenus sur la côte du pays, portant à environ 450 le nombre total de victimes qui lui sont désormais attribuées depuis le drame de 2023.
Placée en détention provisoire depuis avril 2023, l’ancien dirigeant de la secte Good News International Church est considéré par l’Office du directeur des poursuites publiques (ODPP) comme l’instigateur et le superviseur direct de ces nouvelles morts. Selon les enquêteurs, Mackenzie aurait à nouveau recouru à des enseignements religieux extrémistes, encourageant ses adeptes à s’isoler et à adopter des pratiques mortifères dans l’attente supposée d’un salut spirituel.
Les faits les plus récents se seraient déroulés dans le hameau reculé de Binzaro, situé à une trentaine de kilomètres de la forêt de Shakahola, déjà théâtre des premières découvertes macabres en 2023. À partir de juillet 2025, les autorités ont procédé à l’exhumation de 34 corps et de 102 fragments humains, retrouvés à différents stades de décomposition, confirmant l’ampleur persistante du drame.
Le parquet indique également que des notes manuscrites saisies dans des cellules occupées par le suspect viendraient renforcer les éléments à charge, suggérant une organisation méthodique et une continuité idéologique dans les faits reprochés.
Déjà poursuivi pour meurtre, homicide involontaire, radicalisation, terrorisme, torture et cruauté envers des enfants, Paul Nthenge Mackenzie doit comparaître le 11 février prochain. À cette occasion, les autorités judiciaires ont annoncé la jonction des deux procédures, anciennes et nouvelles, dans un même cadre judiciaire.
Cette affaire, qui continue de profondément ébranler la société kényane, relance avec acuité le débat sur le contrôle des mouvements religieux, leurs dérives sectaires et la responsabilité de l’État face à des organisations exploitant la foi à des fins destructrices, dans un pays majoritairement chrétien.


