Une controverse a éclaté en Suède après les révélations du tabloïd Aftonbladet concernant un déplacement du président du Parlement, Andreas Norlén, à Genève. Selon le journal, les Forces armées suédoises ont loué un jet privé pour ce voyage effectué durant l’été, auquel participaient également l’épouse et la famille du talman.
D’après les informations publiées par le quotidien national Aftonbladet, le coût total du déplacement s’est élevé à environ 660 000 couronnes suédoises (SEK), doit 61700 euros, 40 450 000 XAF (environ 40,5 millions de francs CFA), une somme intégralement prise en charge par des fonds publics. Or, ce choix logistique suscite de vives critiques, car des alternatives bien moins coûteuses existaient.
Des vols commerciaux proposés… puis écartés
Toujours selon Aftonbladet, les Forces armées avaient initialement proposé un vol commercial régulier, dont le coût aurait été d’environ 17 000 SEK pour Andreas Norlén et deux collaborateurs. Cette option a toutefois été abandonnée au profit de la location d’un jet privé, une décision justifiée en interne par des considérations d’agenda et de flexibilité.
Des échanges internes cités par le journal montrent que ce choix a été perçu comme exceptionnel, voire embarrassant, au regard de l’écart de coût entre les deux solutions.
Le cœur du problème : argent public et voyage familial
L’affaire ne porte pas uniquement sur le moyen de transport, mais sur un mélange jugé problématique entre fonctions officielles et sphère privée. En Suède, l’utilisation des fonds publics est soumise à des règles strictes de sobriété, de proportionnalité et de transparence. Le fait que la famille du président du Parlement ait voyagé dans un jet financé par l’État soulève donc des questions éthiques.
Même si Andreas Norlén occupe une fonction institutionnelle de premier plan, ses déplacements officiels sont généralement attendus à un niveau d’exemplarité élevé. La révélation d’un voyage en jet privé, alors qu’une option commerciale beaucoup moins coûteuse était disponible, alimente le débat sur la justification réelle de cette dépense.
Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière un débat récurrent en Suède : jusqu’où les institutions peuvent-elles aller dans l’usage de ressources exceptionnelles, notamment lorsqu’il s’agit de responsables politiques de haut rang ? La polémique intervient dans un contexte où la confiance dans les institutions repose largement sur la perception d’une gestion rigoureuse de l’argent public.
Pour l’heure, aucune infraction pénale n’est évoquée. Mais l’affaire, largement relayée par Aftonbladet, interroge sur les pratiques internes de l’État et sur la frontière entre nécessité institutionnelle et privilège


