Le compte à rebours est lancé à Bissau. Par décret présidentiel, le chef de la transition, le général Horta N’Tam, a fixé au dimanche 6 décembre 2026 la tenue simultanée des élections présidentielle et législatives. Ce calendrier, attendu de longue date par la communauté internationale, vise à clore une période d’exception ouverte après le putsch militaire de novembre 2025.
Un calendrier sous pression régionale
L’annonce intervient dans un contexte diplomatique soutenu. Le 10 janvier dernier, une mission de haut niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio et son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s’était rendue à Bissau pour exiger un calendrier électoral précis et une transition inclusive.
Le décret n°02/2026, rendu public mercredi, apparaît comme une réponse directe à ces exigences. Le général N’Tam a assuré que les conditions techniques et sécuritaires seraient « pleinement réunies » d’ici la fin de l’année afin de garantir un scrutin « libre, crédible et transparent ».
Horta N’Tam, arbitre plutôt que candidat
Conformément à la Charte de la transition adoptée le 27 novembre 2025, le décret confirme un point central du processus : le général Horta N’Tam ne sera pas candidat à la présidence. Cette clause vise à rassurer les partis politiques et les partenaires internationaux sur la neutralité de l’armée dans la conduite de la transition.
Les zones d’ombre : détenus politiques et libertés publiques
Si la fixation de la date est globalement saluée, la situation des libertés publiques demeure un point de crispation.
- Domingos Simões Pereira, ancien président de l’Assemblée nationale et figure majeure de l’opposition, reste au cœur des négociations. Bien que certains de ses proches aient été libérés à la suite d’une médiation sénégalaise, la pression demeure pour une libération complète des prisonniers politiques.
- Fernando Dias de Costa, qui revendiquait la victoire lors du scrutin avorté de novembre 2025, se trouve toujours sous la protection de l’ambassade du Nigeria.
Un pays toujours en quête de stabilité
Pour mesurer l’enjeu du scrutin du 6 décembre 2026, il faut rappeler que le coup d’État de novembre 2025 est intervenu à seulement 24 heures de la proclamation officielle des résultats. L’armée avait alors invoqué un risque imminent de violences, face aux revendications concurrentes de victoire du président sortant Umaro Sissoco Embaló, aujourd’hui en exil, et de son rival Fernando Dias de Costa.
Repères – Transition en Guinée-Bissau
- Date des élections : 6 décembre 2026
- Scrutins : Présidentiel et législatif simultanés
- Chef de la transition : Général Horta N’Tam (non-candidat)
- Médiation régionale : CEDEAO, avec le Sénégal et la Sierra Leone en première ligne


