La présence de dernière minute du Premier ministre suédois Ulf Kristersson au Forum économique mondial illustre la montée brutale des tensions entre l’Europe et les États-Unis en ce début d’année 2026. La journée de ce mercredi 21 janvier est considérée comme l’une des plus critiques du forum.
Initialement attendu à Stockholm pour des dossiers de sécurité intérieure, Ulf Kristersson a finalement jugé indispensable de se rendre à Davos face à l’escalade des positions américaines portées par Donald Trump. Les menaces répétées autour d’une possible annexion du Groenland, désormais perçues comme un levier de pression diplomatique, inquiètent l’ensemble du Conseil nordique et ravivent les tensions en Arctique.
Pour Stockholm, l’enjeu est double : préserver la sécurité du flanc nord de l’Europe et s’assurer que l’engagement américain au sein de l’OTAN ne soit pas conditionné à des concessions territoriales. Nouveau membre de l’Alliance atlantique, la Suède entend afficher une ligne de fermeté.
Dans ce contexte, Ulf Kristersson a également confirmé le refus de la Suède de rejoindre le « Conseil de Paix » proposé par Donald Trump, une initiative destinée à contourner les cadres multilatéraux traditionnels. Stockholm privilégie une approche fondée sur la solidarité européenne et les structures existantes, craignant une instrumentalisation politique de ce nouveau forum.
Le Premier ministre suédois doit enfin s’entretenir avec son homologue canadien Mark Carney afin de coordonner une réponse commune sur les enjeux arctiques et commerciaux. Les deux pays cherchent à afficher un front uni face aux ambitions américaines dans le Grand Nord.
Alors que Donald Trump s’exprime cet après-midi à Davos, l’atmosphère est décrite comme particulièrement tendue. Ulf Kristersson affirme être venu « défendre les intérêts suédois et les principes fondamentaux du droit international », à la veille d’un sommet européen d’urgence consacré à la réponse de l’UE.


