Le gouvernement suédois a annoncé une réforme majeure du code pénal, incluant la possibilité de doubler les peines pour les infractions commises dans des milieux criminels organisés.
La réforme est portée par le ministre de la Justice Gunnar Strömmer (Modérés) et s’inscrit dans une offensive plus large contre la criminalité des gangs, devenue une priorité politique.
Contexte : une criminalité organisée en forte hausse
La Suède fait face depuis plusieurs années à une augmentation notable de la violence liée aux gangs, avec des explosions et des fusillades qui font régulièrement l’actualité et pèsent sur le débat public. Cette situation a motivé un changement de politique pénale, jusque-là caractérisé par des sanctions relativement souples.
Les mesures proposées
Selon les documents officiels du gouvernement et les déclarations politiques :
- Les peines pour les crimes commis au sein de réseaux criminels pourraient être doublées, afin de mieux refléter leur gravité.
- La loi supprimerait certaines réductions de peine automatiques, notamment pour les récidivistes.
- La réforme prévoit également d’autres durcissements (non encore finalisés) tels qu’un examen du mécanisme de libération conditionnelle et de nouvelles catégories de peines pour les récidives.
Le gouvernement qualifie ce projet comme une « offensive » contre la criminalité organisée, destinée à renforcer la sécurité et à s’attaquer aux structures des gangs.
Calendrier et débat politique
La réforme pénale fait partie d’un ensemble plus large de révisions juridiques prévues par la coalition gouvernementale au pouvoir depuis 2022, qui inclut des mesures plus strictes contre le crime et l’immigration associée, selon l’accord politique conclu après les élections.
La discussion autour du doublement des peines et d’autres durcissements devrait se poursuivre au Parlement cette année, avec une possible entrée en vigueur des nouvelles règles dès 2026 si elles sont adoptées.
Réactions et critiques attendues
Des organisations de défense des droits civiques, ainsi que certains juristes et universitaires, ont déjà exprimé des réserves sur les conséquences de peines plus sévères, soulignant les risques d’affaiblir les principes traditionnels de l’État de droit ou d’aggraver la surpopulation carcérale. Toutefois, le gouvernement souligne que la mesure répond à une « exigence de protection accrue » face à l’évolution de la criminalité en Suède.


