Depuis le 1er janvier 2016, la Finlande a totalement libéralisé les horaires d’ouverture des commerces. Magasins, salons de coiffure et barbiers peuvent désormais ouvrir sans restriction, y compris la nuit et les jours fériés. Une réforme emblématique de l’évolution du modèle économique finlandais, pensée pour répondre aux nouveaux usages de consommation et soutenir l’emploi.
Une rupture avec des décennies de réglementation
Jusqu’en 2016, les horaires d’ouverture des commerces en Finlande étaient strictement encadrés par la loi. Les ouvertures tardives, dominicales ou les jours fériés nécessitaient des autorisations spécifiques, en particulier pour les grandes surfaces.
Avec l’abrogation de cette réglementation, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, le gouvernement finlandais a opéré un virage majeur : laisser aux commerçants la liberté totale de déterminer leurs horaires, en fonction de leur clientèle et de leur modèle économique.
Cette décision s’inscrivait dans un débat engagé depuis plusieurs années, visant à moderniser le commerce face à la concurrence du e-commerce et à l’évolution des modes de vie urbains.
Une liberté totale pour les commerces et services
La réforme concerne l’ensemble du commerce de détail, mais aussi des secteurs de services comme les salons de coiffure et les barbiers.
Désormais :
- Les établissements peuvent ouvrir 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
- Les jours fériés ne font plus l’objet d’aucune restriction particulière.
- Les permis et autorisations administratives liés aux horaires ont été supprimés.
En pratique, chaque commerçant est libre d’adapter ses horaires à la demande locale, sans intervention de l’État.
Un impact positif sur l’emploi
Selon la Fédération finlandaise du commerce, la dérégulation des horaires a contribué à dynamiser le marché du travail dans le secteur :
- Environ 2 500 emplois auraient été créés grâce à l’extension des plages d’ouverture.
- La réforme favorise les emplois flexibles, notamment pour les étudiants, les travailleurs à temps partiel ou les personnes recherchant un complément de revenus.
- Le travail en soirée et le week-end s’est développé, en particulier dans les zones urbaines.
Pour les autorités, cette flexibilité permet aussi de mieux répondre aux attentes d’une population active aux rythmes de vie de plus en plus diversifiés.
Des garde-fous pour les petits commerçants
Si la loi libéralise largement les horaires, elle prévoit néanmoins certaines protections, notamment pour les petits entrepreneurs installés dans les centres commerciaux.
- Les commerçants conservent le droit de fermer un jour par semaine, s’ils le souhaitent.
- Les propriétaires de centres commerciaux ne peuvent pas les contraindre à ouvrir en continu.
Un équilibre destiné à éviter que la liberté d’ouverture ne se transforme en obligation économique pour les plus petites structures.
Une réforme désormais bien ancrée
Près de dix ans après son entrée en vigueur, la libéralisation des horaires est devenue la norme en Finlande. Dans les grandes villes comme Helsinki, Espoo ou Tampere, plusieurs supermarchés et commerces de proximité sont aujourd’hui ouverts 24h/24, illustrant l’évolution durable des habitudes de consommation.
Dans les autres pays du nord de l’Europe
Concrètement, les écarts entre pays nordiques se lisent dans les horaires pratiqués. En Suède, la majorité des commerces ouvrent généralement entre 9 h et 20 h en semaine, avec une extension possible jusqu’à 21 h ou 22 h dans les grandes villes ; le dimanche, les horaires sont souvent réduits, autour de 11 h – 17 h. En Danemark, les magasins peuvent ouvrir jusqu’à 20 h en semaine et sont autorisés à fonctionner la plupart des dimanches, mais ferment lors de certaines fêtes nationales. La Norvège applique le cadre le plus restrictif : fermeture habituelle vers 18 h en semaine, 16 h le samedi, et ouverture dominicale limitée aux petites surfaces et zones touristiques. À l’inverse, la Finlande autorise depuis 2016 une ouverture 24 h/24, 7 jours sur 7, sans distinction de taille de commerce ni de période, faisant du pays le modèle le plus libéral de la région.
Cette réforme reste l’un des exemples les plus emblématiques de la capacité de la Finlande à adapter son cadre réglementaire aux transformations économiques et sociales, tout en maintenant des protections ciblées pour les acteurs les plus fragiles.


