Un manteau blanc sur les pavés, des skis au pied de la Basilique et une capitale saisie entre émerveillement et paralysie. Sous une chute de neige exceptionnelle, Paris a vécu une parenthèse aussi spectaculaire que désorganisée.
Montmartre, station de ski improvisée
C’est l’image qui a fait le tour des réseaux sociaux et bien au-delà. Le parvis du Sacré-Cœur transformé en piste de ski, la butte Montmartre détournée en domaine de glisse urbaine. Profitant du dénivelé naturel, habitants et visiteurs se sont lancés à l’assaut des pentes enneigées, skis, luges et snowboards de fortune à la main.
L’ambiance oscillait entre station alpine et fête de quartier. Parisiens équipés de matériel vintage, touristes médusés et passants hilares partageaient cette “piste noire” improvisée, sous l’œil attentif — parfois amusé — des forces de l’ordre et des caméras du monde entier.
Une scène devenue virale
Autre image marquante de la journée : celle d’un policier, impassible, utilisant son bouclier anti-émeute pour se protéger d’une pluie de boules de neige lancées par des voyageurs visiblement ravis de la situation. Une scène surréaliste, à mi-chemin entre performance burlesque et chronique d’un Paris qui se permet, l’espace d’un instant, de relâcher la pression.
Cette vidéo, massivement relayée, est rapidement devenue le symbole de ce “Grand Blanc de 2026”, où la ville s’est offerte une respiration collective malgré les contraintes.
Une capitale festive, des territoires à l’arrêt
Mais derrière les images de carte postale, la réalité fut plus rude. Météo-France a placé 26 départements en vigilance orange pour neige et verglas, notamment en Île-de-France et en Normandie. Les transports ont été fortement perturbés : bus immobilisés, axes routiers bloqués, ralentissements majeurs sur le réseau ferroviaire.
Pour de nombreux automobilistes et voyageurs, la journée s’est transformée en parcours d’obstacles, révélant une nouvelle fois la fragilité des infrastructures face à des épisodes hivernaux intenses, encore rares mais de plus en plus imprévisibles.
Au cœur de la capitale, pourtant, la neige a réveillé une créativité joyeuse. Combinaisons de ski fluo, lunettes miroir et moon boots ont envahi les places et les trottoirs. On dansait, on glissait, on filmait. La tenue de ski s’est imposée, l’espace de quelques heures, comme le nouvel uniforme parisien.
Si cet épisode a offert à Paris un moment suspendu, il pose aussi une question de fond : celle de l’adaptation des grandes métropoles à des phénomènes climatiques soudains. À Paris, la neige reste un événement où le merveilleux le dispute encore au paralytique — entre enchantement collectif et vulnérabilité structurelle.


