En 2025, le paysage touristique mondial a connu un rééquilibrage notable, et les États-Unis en font les frais. Longtemps destination privilégiée des voyageurs européens, le pays enregistre une baisse marquée des arrivées internationales, portée en grande partie par le recul des visiteurs en provenance d’Allemagne, de Finlande, des Pays-Bas et de Norvège.
À eux seuls, ces marchés expliquent une contraction estimée entre 5 et 8 % du tourisme international, avec des répercussions directes sur plusieurs États américains fortement dépendants de la clientèle étrangère.
Derrière ces chiffres se dessine une réalité plus complexe : durcissement des politiques de visas, tensions politiques persistantes, hausse des coûts de voyage et évolution profonde des préférences touristiques.
Un recul confirmé des arrivées internationales
Selon les dernières données disponibles, les visites étrangères aux États-Unis ont reculé de 2,6 % jusqu’en novembre 2025, confirmant une tendance amorcée dès la fin de la pandémie.
Ce repli touche particulièrement l’Europe occidentale et l’Europe du Nord, régions historiquement parmi les plus fidèles au marché touristique américain.
Les voyageurs européens, autrefois séduits par les grands espaces, les métropoles culturelles et le « rêve américain », privilégient désormais des destinations plus proches, perçues comme politiquement stables et financièrement accessibles.
L’Allemagne en tête du désengagement
Avec une chute de 11,6 % des arrivées, l’Allemagne incarne le basculement le plus spectaculaire. Premier marché européen pour les États-Unis depuis des décennies, le pays voit ses voyageurs se détourner massivement de la destination américaine.
En cause :
- des procédures de visa jugées plus complexes,
- un climat politique perçu comme incertain,
- et une concurrence accrue d’autres destinations long-courriers ou intra-européennes.
Des États comme le Vermont, autrefois très fréquentés par les touristes allemands pour les sports d’hiver et les célèbres couleurs automnales, enregistrent une baisse sensible de fréquentation, avec des conséquences directes sur l’hôtellerie et le commerce local.
Les Pays-Bas, la Finlande et la Norvège suivent la même trajectoire
Pays-Bas : –7,6 %
Les voyageurs néerlandais, longtemps fidèles à New York pour le tourisme urbain et culturel, réduisent eux aussi leurs déplacements. La hausse des prix des billets d’avion, combinée aux formalités administratives, pousse une partie de cette clientèle vers d’autres capitales européennes.
Finlande : –7,7 %
La Finlande, traditionnellement tournée vers le Maine et l’État de New York, réoriente ses flux touristiques. Les familles et les voyageurs individuels privilégient désormais des destinations européennes, moins coûteuses et plus simples d’accès.
Le Vermont, autrefois attractif pour cette clientèle nordique, voit ses taux d’occupation hôtelière chuter nettement.
Norvège : –6,4 %
Les touristes norvégiens, très présents dans des États comme Washington et à Seattle, réduisent leurs séjours aux États-Unis. L’augmentation des tarifs aériens et les restrictions administratives pèsent lourd dans leurs décisions de voyage.
Des États américains en première ligne
Vermont : la crise silencieuse
Le Vermont apparaît comme l’un des territoires les plus fragilisés. Selon les autorités locales, les recettes touristiques ont chuté d’environ 20 % sur un an.
Stations de ski, hôtels, restaurants et commerces indépendants subissent de plein fouet l’effondrement de la fréquentation internationale, notamment européenne.
État de Washington : une reprise fragile
Dans l’État de Washington, la baisse du tourisme international s’étend désormais sur onze mois consécutifs. Les événements culturels, autrefois moteurs de fréquentation, peinent à retrouver leur attractivité, tandis que les acteurs locaux cherchent à repositionner l’offre autour de la nature et de la culture.
Utah : les parcs nationaux moins fréquentés
En Utah, les parcs emblématiques comme Zion ou Bryce Canyon accueillent moins de visiteurs européens. Ce recul affecte l’ensemble de l’économie locale, très dépendante du tourisme de plein air.
Maine et New York : la fin d’un cycle ?
Le Maine, avec ses villages côtiers, et New York, destination iconique mondiale, subissent une baisse progressive mais continue des arrivées européennes. Les coûts élevés et la concurrence d’autres métropoles internationales redéfinissent les flux touristiques.
Texas : miser sur le tourisme intérieur
Le Texas, plus diversifié, limite les dégâts en renforçant sa stratégie axée sur le tourisme domestique et en explorant de nouveaux marchés internationaux hors Europe.
Une mutation globale des habitudes de voyage
Au-delà du cas américain, ce recul s’inscrit dans une recomposition mondiale du tourisme.
Les voyageurs post-pandémie privilégient :
- la proximité géographique,
- la maîtrise des coûts,
- et des environnements politiques jugés plus prévisibles.
La flambée des prix du carburant et des billets d’avion rend les voyages long-courriers moins attractifs, au profit de destinations européennes ou régionales.
Réactions et stratégies de relance
Face à cette situation, les États américains multiplient les initiatives :
- campagnes ciblées sur les marchés régionaux,
- promotion de l’écotourisme et des expériences locales,
- coopération avec les compagnies aériennes internationales.
Au niveau fédéral, les discussions autour d’un assouplissement des procédures de visa se multiplient, alors que l’industrie touristique alerte sur la nécessité de restaurer l’attractivité du pays.
Un signal d’alarme pour l’industrie touristique américaine
Le recul du tourisme en provenance de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et de la Norvège agit comme un baromètre des fragilités du modèle touristique américain.
Entre contraintes administratives, tensions géopolitiques et concurrence internationale accrue, les États-Unis doivent désormais réinventer leur stratégie touristique pour rester compétitifs sur la scène mondiale.
Pour l’industrie comme pour les territoires dépendants du tourisme, l’enjeu est clair : s’adapter rapidement ou risquer une marginalisation durable dans les flux touristiques internationaux.


