Lors de son allocution traditionnelle pour la nouvelle année, le chef du gouvernement suédois, Ulf Kristersson, a troqué le ton de la gestion de crise pour celui de l’optimisme. Entre une inflation enfin maîtrisée, une intégration plus exigeante et un ancrage stratégique total dans l’OTAN, Kristersson dessine une Suède prête à se reconstruire après des années de turbulences.
L’économie : La fin de l’hiver financier
C’est le message phare que les foyers suédois attendaient. Le Premier ministre a officiellement déclaré que « l’inflation est vaincue ». Après une période de forte pression sur le pouvoir d’achat, 2026 doit marquer le retour de la croissance réelle.
Soutien aux ménages : Profitant de la baisse des taux d’intérêt, le gouvernement prévoit des mesures fiscales pour alléger le budget des familles.
Prospérité retrouvée : Selon Kristersson, la Suède dispose désormais des marges de manœuvre nécessaires pour investir à nouveau dans ses services publics, notamment la santé et l’éducation.
Sécurité : Une guerre sans merci contre les gangs
Sur le front de la criminalité organisée, le ton reste d’une fermeté absolue. Kristersson a réaffirmé que 2026 sera l’année de l’application stricte des réformes judiciaires votées l’an dernier.
Tolérance zéro : Suppression définitive des remises de peine pour les récidivistes et maintien du déploiement policier massif dans les zones sensibles.
Priorité aux victimes : « Le droit à la sécurité des citoyens honnêtes doit toujours primer sur le confort des criminels », a-t-il martelé, promettant de « briser le pouvoir des gangs » cette année encore.
Intégration : La citoyenneté comme un engagement
Le Premier ministre a également abordé le dossier brûlant de l’immigration, avec une vision axée sur le mérite et l’assimilation.
Tests de langue suédoise : Dès cette année, la maîtrise de la langue devient un pilier central pour l’accès à certaines prestations sociales.
Valeurs nationales : Kristersson a rappelé que la citoyenneté suédoise est un contrat. Elle implique de partager les valeurs libérales du pays et de participer activement à la défense nationale, un message fort dans le contexte de l’adhésion à l’OTAN.
Défense et Ukraine : La Suède, pilier du Nord
Sur le plan international, la Suède assume son nouveau rôle au sein de l’alliance atlantique.
Soutien indéfectible à Kiev : Un nouveau fonds de 2 milliards de couronnes (SEK) est débloqué pour 2026 pour soutenir l’effort de guerre ukrainien.
Investissement militaire : Pour garantir la sécurité nationale, le budget de la défense continuera de croître pour atteindre un niveau historique, consolidant la position de la Suède comme puissance de défense en mer Baltique.
À la différence de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a choisi la voie de l’introspection sociale, Ulf Kristersson se présente comme le chef d’orchestre d’une Suède en reconquête de confiance. Son pari politique repose moins sur le mea culpa que sur une promesse de redressement et de stabilité.
À l’horizon 2026, son principal défi est clair : transformer les annonces de prospérité économique en résultats tangibles, capables de convaincre un électorat encore profondément marqué par l’enchaînement des crises inflation, énergie, sécurité et incertitudes géopolitiques.