La Suède prépare une série de changements importants dans sa législation migratoire qui entreront en vigueur en 2026. Ces réformes visent à modifier les conditions d’obtention de permis de séjour, de travail et de citoyenneté, ainsi que la manière dont certaines demandes sont traitées avec des conséquences concrètes pour de nombreux résidents étrangers dans le pays.
Modifications des permis de travail et de résidence
À partir du 1er juin 2026, de nouvelles règles plus strictes concernant l’immigration professionnelle (labour immigration) sont prévues, notamment pour lutter contre l’exploitation des travailleurs étrangers et renforcer la protection des employés non-Européens. Ces mesures ont été proposées par le gouvernement suédois après plusieurs consultations publiques et visent également à faciliter l’entrée des travailleurs hautement qualifiés.
Par ailleurs, certaines réformes liées à la directive européenne sur le permis unique doivent entrer en vigueur le 21 mai 2026. Elles devraient simplifier certaines procédures pour les permis combinés de séjour et de travail, permettant notamment aux titulaires de changer d’employeur sans refaire une demande complète dans certains cas, et étendre les périodes pendant lesquelles une personne peut rester active sur le marché du travail après une perte d’emploi.
Relevé des critères pour les permis de travail
Le gouvernement a également décidé dans le cadre de réformes attendues d’augmenter le seuil salarial minimum pour obtenir un permis de travail. Ce seuil devrait passer à 90 % du salaire médian suédois à compter de juin 2026, ce qui élèvera le critère financier exigé pour de nombreux postes. Cela pourrait rendre l’accès à certains permis plus difficile pour des travailleurs étrangers avec des salaires plus bas.
Langue, culture et citoyenneté
Un autre changement significatif pourrait concerner les conditions d’accès à la citoyenneté suédoise : les autorités travaillent sur l’introduction obligatoire d’épreuves de langue et de culture suédoises pour les candidats à la naturalisation. Ces tests doivent être élaborés par les universités de Stockholm et de Göteborg d’ici août 2026, bien que leur mise en place reste incertaine à l’heure actuelle.
Asile et droits des demandeurs
Le gouvernement prévoit également de durcir certaines règles d’asile pour se rapprocher du niveau minimum requis par la législation européenne, notamment en facilitant le rejet de demandes jugées « manifestement non fondées ». Cela pourrait affecter la situation des personnes en attente de décision d’asile ou cherchant à faire appel de décisions négatives.
Augmentation du « repatriation grant »
À compter du 1er janvier 2026, le montant du soutien financier à la réinstallation volontaire dans le pays d’origine (repatriation grant) sera considérablement augmenté par décision du gouvernement. Un adulte pourra recevoir jusqu’à 350 000 SEK, un couple jusqu’à 500 000 SEK, et une famille jusqu’à 600 000 SEK, sous certaines conditions. Ce changement est destiné à encourager les retours volontaires pour certaines catégories de résidents.
Autres changements pratiques
Selon l’Office suédois des migrations (Migrationsverket), le service de visite sans rendez-vous sera fermé à partir du 1er janvier 2026, ce qui obligera les résidents à privilégier les canaux numériques ou des rendez-vous planifiés pour les démarches administratives.
De plus, certains aspects pratiques comme la validité des passeports prolongés changent déjà : les passeports suédois prolongés ne seront plus acceptés par les autorités à partir de octobre 2025, un élément important pour les résidents étrangers titulaires de documents étrangers prolongés.
Ce que cela signifie pour les résidents étrangers
- Étudiants et travailleurs non-UE pourraient faire face à des exigences salariales plus élevées pour leurs permis de travail ou de résidence.
- Demandeurs d’asile verront leurs procédures potentiellement accélérées ou durcies.
- Candidats à la citoyenneté pourraient devoir se préparer à des tests de langue et d’intégration.
- Tous les résidents devront se familiariser avec la nouvelle organisation des services administratifs et prévoir leurs démarches en ligne ou avec rendez-vous.
Réformes de la citoyenneté suédoise
Bien qu’elles ne soient pas encore entièrement entrées en vigueur, des propositions importantes concernent l’accès à la citoyenneté suédoise :
- un projet d’augmenter la durée requise de résidence pour demander la citoyenneté (actuellement 5 ans), jusqu’à 8 ans ou plus dans certains cas ;
- la possibilité d’introduire une évaluation des connaissances en langue suédoise et sur la société suédoise pour les futurs citoyens.
Ces propositions doivent encore être adoptées par le Riksdag (parlement suédois) avant d’entrer en vigueur, mais elles sont largement discutées pour une application à partir de juin 2026.
Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte politique où le gouvernement suédois cherche à réorienter la politique migratoire vers l’emploi et la gestion des flux migratoires, tout en répondant à des enjeux d’intégration et de sécurité juridique.
En résumé : ce que cela signifie pour les résidents étrangers
✔️ Moins de visites sans rendez-vous pour les démarches administratives à partir du 1er janvier 2026.
✔️ Possibilité de conditions de travail et d’immigration professionnelle plus strictes à partir de juin 2026.
✔️ Aide financière à la réinstallation volontaire accrue dès janvier.
✔️ Changements dans les règles d’asile déjà en vigueur depuis 2025.
✔️ Propositions de conditions plus strictes pour la citoyenneté, en voie d’adoption pour 2026.
Sources principales
- Office suédois des migrations (Migrationsverket) — annonces officielles sur les services et changements de procédure.
- Gouvernement suédois — politique migratoire et priorités officielles.
- KPMG (analyse pratique des propositions) — projets de modifications des permis de travail.
- Migrationsverket news — hausse du repatriation grant.


